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Les médias sociaux ont-ils franchi la ligne rouge ?

Les médias sociaux ont-ils franchi la ligne rouge ?

La suspension des comptes de personnalités de premier plan par les réseaux sociaux, telles que l’ancien Président américain Donald Trump, a ouvert un nouveau débat sur les questions touchant à la démocratie et la liberté d’expression utilisées à des fins de manipulation de l’opinion publique. Cette décision a également mis en lumière la nécessité de promulguer des lois qui doivent dissuader la désinformation et les incitations à la violence, ainsi que le nécessaire respect des termes et conditions prévus par les plateformes de médias sociaux.

L’origine du débat

Ce débat intense a été entraîné par la décision audacieuse de plusieurs géants des médias sociaux de suspendre indéfiniment le compte de l’ancien Président américain Donald Trump. Selon NBC News, Mark Zuckerberg a commencé à envisager de suspendre de manière indéterminée le compte Facebook du Président Donald Trump tard dans la nuit du 6 janvier, quelques heures à peine après qu’une foule de partisans de D. Trump a pris d’assaut le Capitole des États-Unis. M. Zuckerberg a toujours été réticent à fermer les comptes de Trump, invoquant la liberté d’expression et l’intérêt médiatique de ses déclarations. Toutefois, un nombre croissant de critiques à l’extérieur et à l’intérieur de l’entreprise lui ont demandé de prendre des mesures plus sévères. Le patron de Facebook a dû faire l’impensable après une série de conversations avec des proches collaborateurs, dès qu’il fut convaincu que l’incitation flagrante de Donald Trump à la violence pour renverser les résultats des élections dépassait les limites.

« Les 75 millions de grands patriotes américains qui ont voté pour moi, pour AMERICA FIRST et MAKE AMERICA GREAT AGAIN, auront une voix géante dans le futur. Ils ne seront ni méprisés ni traités injustement de quelque manière que ce soit !!! » a tweeté Donald Trump le vendredi 8 janvier. Twitter a cité le tweet dans sa déclaration de fermeture de compte.

Était-ce une bonne ou une mauvaise décision ?

Juger bon ou mauvais la décision de réduire au silence M. Trump dépend de la personne à qui vous le demandez. Cependant, le Washington Post a mentionné l’analyse de l’entreprise Zignal Research selon laquelle la désinformation en ligne sur la fraude électorale avait chuté de 73% après que plusieurs plateformes de médias sociaux ont bloqué Donald Trump et ses principaux alliés.

Dans le même sens, le Post a cité une autre étude de la société d’analyse basée à San Francisco selon laquelle les conversations liées à la fraude électorale sont passées de 2,5 millions mentions à 688 000 sur plusieurs sites de médias sociaux dans la semaine qui a suivi l’éviction de D. Trump sur Twitter. L’étude suggère une désinformation impliquant des influenceurs de haut niveau ; les simples followers, eux, ont joué un rôle central pour pousser des millions d’Américains à rejeter les résultats des élections. Ils concluent également que de nombreux trumpistes éprouvent des difficultés à poursuivre leur militantisme avec la suspension de leurs comptes sur les réseaux sociaux.

La décision crée-t-elle un précédent ?

Dans un article publié dans le New Yorker, intitulé « L’importance et l’incohérence du bannissement de Trump sur Twitter », Andrew Marantz a reconnu que rien dans la Constitution américaine n’interdit à une entreprise privée d’appliquer ses propres politiques. Il constate que le premier amendement garantit le droit d’une entreprise à le faire tout en admettant que la censure d’un chef d’État créait un dangereux précédent. Cependant, Andrew a rapidement ajouté que permettre à un chef d’État d’utiliser l’énorme pouvoir d’une plate-forme établissait également un précédent.

Non seulement les géants des médias sociaux tels que Twitter et Facebook ont exclu des dirigeants de haut niveau aux États-Unis, mais ils ont également pris des mesures similaires dans d’autres pays. En Ouganda, Quartz Africa a rapporté que Facebook avait supprimé des centaines de comptes associés aux partisans du Président Yoweri Museveni. Certains de ces comptes appartiennent à des publications en ligne pro-gouvernementales, tandis que d’autres appartiennent à des fonctionnaires et des personnalités nationales devenus conseillers de Museveni.

Les défenseurs de Trump crient au scandale

Les alliés de Trump ont protesté contre Twitter concernant sa décision de désactiver le compte du Président pour apologie de la violence. Politico a rapporté que les partisans du Président ont condamné cette décision comme une violation de la liberté d’expression et ont vivement critiqué le réseau pour son parti pris libéral apparent.

« Réduire les gens au silence, sans parler du fait que ce soit le Président des États-Unis, c’est ce qui se passe en Chine, pas dans notre pays. #Incroyable » a tweeté l’ancienne ambassadrice de Trump aux Nations Unies, Nikki Haley.

Bien que la présidence de Trump soit terminée, le débat sur la décision des géants des médias sociaux de le bloquer au terme de son mandat n’est pas prêt de s’arrêter.

Nécessité de légiférer

Il est maintenant primordial que les gouvernements adoptent une législation qui dissuadera les gens, qu’ils soient fonctionnaires ou simples citoyens, de diffuser de la désinformation sur les réseaux sociaux sous prétexte de liberté d’expression. Il est temps d’envisager des mesures juridiques contre les responsables.

Mais des questions persistent au sujet de la juridiction adéquate pour traiter de telles affaires et de savoir si le processus doit se dérouler au niveau national ou international.

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